De l’autre coté de la rue

Autour de ma bulle

Laisser ses enfants jouer dehors

Je m’en souviens comme si c’était hier, tout se passait de l’autre coté de la rue.

Il me suffisait de la traverser de sonner , d’attendre qu’on ouvre la porte et de dire bonjour.

« Est ce que Catherine peut jouer avec moi madame ? ».

Simple comme un coup de sonnette.

Des craies et des trottoirs, des vélo-chevaux, des tas de terre, des soupes aux orties, des patins à roulettes qui nous transforme en danseuse/patineuse des jeux olympiques.

Une fenêtre qui s’ouvre:  c’est l’heure du goûter, on se dit à très vite et on se retrouve juste après.

La limite c’était le bout de la rue, bien balisé , bien visible, un terrain de jeux inépuisable de quelques centaines de mètres, des champs, de la terre, du goudron , des maisons, des cailloux et des jeux.

Ça c’est une très belle part de mon enfance, des après midi à inventer le monde , à jouer comme si de rien n’était.

Aujourd’hui je suis maman nous sommes en 2016 et je serais bien incapable d’envoyer ma fille ne serait ce qu’au bout de la rue . Seule.

Alors oui elle n’a que 5 ans . Mais demain, quand elle voudra aller jouer chez sa copine, quand il faudra rentrer de l’école seule, là ou moi je marchais seule aussi tous les matins. Aujourd’hui je suis pétrifiée et incapable de l’imaginer sur ce même chemin…Parfois ça passe, ce sentiment de peur viscérale et puis j’allume la télé et ça reviens.

Les infos, les faits divers, les gens qui disparaissent , les fous toujours plus fous.

Je me dis que je surprotège,  qu’il faudra se construire, que les fous existaient déjà avant . Et puis non je tremble quand même, je ne crois pas que l’on puisse faire comme avant.

Quelle est la bonne attitude? La bonne souplesse, la bonne confiance…

A quel moment c’est moins grave quand il suffit d’une seconde?

Et pourtant j’aimerais tellement qu’elles apprennent à rêver, à patauger dans la boue de l’autre côté de la rue, à construire des cabanes en salissant leurs vétements, pas trop près de mes oreilles pour pouvoir dire des bêtises et des secrets . Pas juste dans mon jardin mais de l’autre côté la ou le monde est différent. Dehors.

Quand j’étais petite j’allais souvent jouer de l’autre côté de la rue….

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4 thoughts on “De l’autre coté de la rue”

  1. Djahann - février 18, 2016 8:02

    Comme je te comprends ! Je ne suis pas maman, mais quand je repense comme moi je jouais seule ou avec mes copains dans la rue, qui était pleine de virages donc même depuis la fenêtre, mes parents ne pouvaient pas toujours me voir, je me dis qu si j’étais maman j’aurais un mal fou à ne pas mettre mes enfants sous cloche. Quand j’allais chez mes grands parents, j’allais me promener toute seule dans le village, parfois un peu loin…. j’allais discuter chez les commerçants, mais j’aurais pu croiser n’importe qui dans la rue puisque sans réelle surveillance. Je regrette tellement cette insouciance. D’ailleurs, je suis effrayée avec ma nièce car je sais que sa mère la laisse jouer parfois sans trop de surveillance…. j’imagine toujours le pire et c’est bien triste.

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  2. celine08 - février 18, 2016 10:57

    Comme je te comprends!
    Lorsque je pense à ce que mon fils rate… juste parce que maman a peur pour lui…. non nos parents n’étaient pas des inconscients… ils nous ont offert le reve et l’inocence
    Mais comment faire pour laisser vivre nos enfants en tt liberté dans le monde actuel?

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  3. Manoecouture - février 19, 2016 8:05

    Je partage entièrement ce que tu ressens… Ma 1ère a aussi 5 ans et j’y pense aussi de temps en temps. Notre époque n’a plus rien à voir avec notre enfance, sans aucun doute…

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  4. Sweetdaddy - février 26, 2016 10:38

    Je dois avouer que pour ma part, ayant grandi dans un quartier « sensible », il était hors de question de me promener seul dans le quartier, encore moins de jouer dehors tranquillement sans surveillance. Je n’ai pas eu cette chance de pouvoir profiter d’un environnement fiable et agréable pendant mon enfance.
    Il n’en reste pas moins que malgré des alentours peu fréquentables étant petit, je ne sais pas si aujourd’hui les dangers sont plus grands. Peut-être les médias en parlent-ils plus ? Peut-être que le climat d’insécurité de ces dernières années, et des attentats d’il y a un an et plus récemment renforcent cet aspect d’insécurité ?
    Quoi qu’il en soit, mes twins ont bientôt cinq ans, et ils ne sont pas prêts de jouir d’une liberté que je n’ai pas eue. Car risques plus grands ou non, les risques d’avoir un enfant seul ont toujours existé et existeront toujours, et je n’ai pas envie de m’en vouloir toute la vie de prendre une décision de ce type…

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